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Bayonne, le belle du Pays Basque

Célèbre pour ses « festayres » chaque été, animée par les chants joyeux des fêtards en rouge et blanc, et également fameuse pour son jambon et sa pelote basque, la ville regorge d’un riche patrimoine historique.

Une ville toute en hauteur

Les premières traces de civilisation ont été découvertes sur la butte qui surplombe la ville, occupée actuellement par la cathédrale. Au pied de la butte s’étalait alors la « mer de Bayonne », symbolisée par la jonction des deux fleuves : l’Adour et la Nive. Le nom de la ville provient d’ailleurs du mot « Baiona » qui, selon les linguistes, ferait référence à la présence d’une « rivière », l’étymologie étant étroitement lié à l’élément « eau ».

A l’abri sur les hauteurs de cette colline, entourée par des marécages, une occupation humaine organisée (présence d’un port d’échouage sur la Nive et d’une céramique gauloise d’imitation italique) a été confirmé dès le Ier siècle après J.C. Des peuples vont dès lors s’y installer de manière permanente au cours des siècles suivants, dont les Tarbelli, un peuple Aquitain ou proto-Basque.

Une cité convoitée

Bayonne va ensuite être prise par les Romains (fin IVème siècle) et devenir une enceinte fortifiée (présence d’un castrum), afin de repousser les fameux Tarbelli. Les Romains peuvent depuis cet emplacement soumettre la population gauloise locale, tout en s’assurant une position de choix dans le contrôle du réseau fluvial et des routes reliant la Gaule à la péninsule Ibérique.

C’est à cette période que le premier terme gallo-romain apparait pour désigner la ville de Bayonne : « Lapurdum », signifiant « fortification de lapur ». Ce terme traversera ensuite les âges pour donner son nom à la province actuelle du Labourd.

C’est ensuite le peuple vascon qui va prendre la ville, rebaptisant la région Vasconie, qui donnera finalement Gasconie. Cependant, la romanisation du territoire ayant été un franc succès, le vascon ne parvint pas à s’imposer : naîtra alors de cette fusion le gascon que l’on connait aujourd’hui.

Bayonne sous domination anglaise

Au XIème siècle, Lapurdum devint Baiona, liant son destin aux deux fleuves qui la parcourent. Le commerce fluvial va d’ailleurs permettre l’impressionnant essor de la ville lorsque le Duché d’Aquitaine passa sous l’autorité de la couronne anglaise à la suite du mariage d’Aliénor avec Henri Plantagenêt en 1152. C’est également au XIème siècle que sera entreprit l’édification de la cathédrale de style gothique Sainte-Marie, classée patrimoine mondial de l’UNESCO en 1998, au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle de France.

En 1451, Bayonne sera finalement reprise par la France, au terme de la guerre de Cent Ans : son blason, représentant deux lions d’or en train de s’affronter, symbolise les prises successives de la ville par les Anglais et les Français.

L’introduction du chocolat

Alors que l’Inquisition fait rage en Espagne, des Juifs traversent la frontière et s’installent dans le quartier Saint Esprit à Bayonne. Ils apportent avec eux le secret de la préparation du chocolat, la fève de cacao ayant été découverte suite aux explorations maritimes lancés à l’assaut des Amériques. Saint Esprit est par conséquent l’un des plus vieux quartiers juifs français.

Bayonne, une ville avec un grand intérêt touristique

Forte d’un centre historique majoritairement piéton, la ville se visite aisément au gré des ruelles pavées et des arcades, héritage des anciens canaux qui quadrillaient ses rives urbaines. En plus des remparts et de la fameuse Citadelle de Vauban (XVIIème siècle), vous aurez l’occasion de voir de magnifiques maisons à colombages rouges, vertes et même bleues ! Labellisée « Ville d’Art et d’Histoire » en 2011, Bayonne se pare de ses meilleurs atouts à travers ses grands chocolatiers et son bâtit historique. La ville est également située sur l’axe de la Vélodyssée, un itinéraire à vélo qui longe toute la côte Atlantique.

Conseil : allez visiter le Musée Basque, musée unique au monde consacré à la culture basque !

Bayonne a pour devise « nunquam polluta », qui signifie « jamais souillée » : peut-être la ville pense-t-elle avoir toujours préservé son identité face aux envahisseurs. Et sans doute a-t-elle des raisons de le penser car le basque n’a aucune similitude avec les autres langues indo-européennes. Des chercheurs pensent avoir trouvé une langue parente du basque chez un peuple vivant dans l’Oural, à la frontière entre l’Occident et l’Orient. Le fait est que la civilisation basque a réussi à préserver une culture millénaire contrairement à ses voisins qui furent assimilés et acculturées par d’autres populations. Là est sa richesse.

Le saviez-vous ?

Un cachalot égaré aurait pénétré à l’intérieur de la ville par le fleuve et aurait été tué par les Bayonnais, après une harassante course-poursuite aquatique.

La première baïonnette aurait été inventée dans la rue des Faures, c’est-à-dire celle des « forgerons ».