Le Monténégro : l’émergence d’un pays touristique

Le Monténégro : une richesse naturelle

  • Situation géographique

Le Monténégro se situe à l’Est du continent européen, au cœur de la péninsule balkanique. Il s’agit, après du Kosovo, du plus petit pays de l’ex-Yougoslavie, qui réunissait sous Tito les populations slaves du Sud de l’Europe au siècle dernier. Il a pour pays limitrophes la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, la Serbie, l’Albanie et le Kosovo : des ex-républiques de l’Etat fédéral communiste yougoslave.

Il possède également une façade maritime sur la mer Adriatique. Sa capitale administrative et économique, Podgorica, se localise au sud du territoire, près de la frontière albanaise ainsi que du littoral monténégrin. A ce jour, le pays ne fait pas parti de l’Union européenne mais souhaite en devenir membre. Il a d’ailleurs adopté l’euro en 2006 alors qu’il n’est pas encore dans la zone euro : c’est un geste manifeste de son désir d’adhésion.

  • Relief, paysages et climats

Le Monténégro est un mot vénitien qui signifie « montagne noire », désignant un espace forestier très dense. En effet, ce pays se situe dans les Balkans, qui désignent eux-mêmes en turc « montagne boisée, forêt » : la péninsule est un relief karstique extrêmement étendu et les montagnes du Monténégro (point culminant : Bobotov Kuk à 2522 mètres) sont quasiment vierges de toute urbanisation. Trois de ses quatre parcs nationaux sont d’ailleurs situés en montagne et représentent 7% de son territoire. 45% de sa surface est de plus occupée par la forêt.

Alors que la chaîne montagneuse reçoit une influence continentale typique de l’Europe centrale (hiver froid et été frais), un climat subalpin s’installe en haute montagne, impliquant des températures très froides en hiver (paysage enneigé de la station de montagne Zabljak). Cetinje, ancienne capitale du royaume monténégrin, est entourée de montagnes calcaires ainsi que de paysages arides et rocheux.

A l’inverse, les paysages de la plaine centrale sont luxuriants et très variés, qu’il s’agisse des lacs glaciaires du parc national de Skadar ou du fjord des Bouches de Kotor plus au Nord, décris comme l’un des dix plus beaux fjords du monde. Le littoral est quant à lui une côte à calanques parsemée de plages de galets (Bar) et de sable fin (Ulcinje).

Le climat y est méditerranéen (hiver doux et été chaud) grâce à l’influence de la Méditerranée qui emmagasine la chaleur l’été et agit comme un radiateur l’hiver. Ce climat délimite en outre la zone géographique de la culture de l’olivier et de la vigne.  Ce sont alors les paysages typiques des rivieras : une côte en premier plan avec une chaîne montagneuse enneigée à l’arrière.

Un pays accessible aux touristes mais aux nombreux risques

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  • Le Monténégro timidement connecté à l’Europe

Le pays possède des axes de communication qui le rattache à l’Europe mais elles sont encore insuffisantes s’il souhaite s’ouvrir plus largement au tourisme dans les années à venir. Le Monténégro possède un aéroport sur son territoire près de Podgorica (ex de liaisons aériennes : Paris-Podgorica avec Air France).

Cependant hors saison, il est difficile d’accéder au pays : il est alors possible d’effectuer un vol à destination de Belgrade en Serbie et de rejoindre le Monténégro en train avec l’unique ligne ferroviaire qui relie la capitale serbe à Bar à travers les montagnes ou bien à destination de Dubrovnik, qui est relié aux principales capitales de l’Europe.

Dubrovnik est située à quelques kilomètres de la frontière monténégrine et de Kotor. La Croatie étant un membre de l’Union européenne, contrairement au Monténégro, il est donc indispensable d’être en possession d’un passeport valide pour entrer sur le territoire du pays.

Doté d’un bon réseau routier principal, le pays ne possède en revanche aucune autoroute. Il est cependant relié aux autres pays méditerranéens côtiers grâce à un réseau de transbordeurs : Italie, dont la Sérénissime Venise, ainsi que Bari et la Slovénie.

  • Les risques du territoire 

Localisé en plein cœur de la péninsule balkanique, le pays est sujet aux séismes : en effet, la Méditerranée est une région fortement sismique à raison de l’action des plaques tectoniques. Les tremblements de terre de 1979 furent destructeurs à plusieurs égards notamment au niveau de l’héritage architectural du pays.

Avec son climat méditerranéen, chaque automne le territoire est victime de fortes précipitations et de médicanes (ex : avalanches et coulées de boues) en raison de ses paysages parmi les plus escarpés et érodés d’Europe. En été le risque d’incendie est également une très grande menace sur son littoral, pourvu d’une végétation méditerranéenne telle que la garrigue ou le maquis

Le Monténégro, localisé dans les Balkans, est situé sur la route des refugiés en provenance des pays du Proche-Orient. Il n’est cependant pas un pays où les populations en transit se fixent et il n’y règne par ailleurs aucune instabilité politique à l’heure actuelle. C’est un pays sécure, dépourvu de mines (legs de la guerre serbo-croate dont fut épargné le Monténégro car rattaché à la Serbie et formant la « Petite Yougoslavie » avec ce dernier) et qui n’a également aucun volcan à proximité.

L’héritage culturel : source de tourisme

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  • L’héritage de grandes civilisations

Héritier d’une histoire multimillénaire, le Monténégro est un pays multiethnique et multiconfessionnel, au carrefour de l’Orient et de l’Occident. D’abord conquis par les Illyriens 3000 ans avant J.C, le territoire va bientôt voir défiler différents peuples tels que les Grecs (évangélisation par les moines Cyrille et Méthode), les Romains (ex : présence de tuiles romaines, de cyprès sur les collines à proximité de Kotor), puis les Byzantins (ex : cité médiévale byzantine et gothique à Kotor), à l’origine du christianisme orthodoxe.

Le Monténégro, connu sous le nom de « Dalmatie » à l’époque, sera rattaché à l’Empire romain d’Orient en 395 à la mort de l’empereur Théodose, mais sera fréquemment disputé par l’empereur d’Occident. Les nombreuses invasions barbares du V° (ex : les Goths) qui signeront bientôt ensuite la chute de l’Empire romain.

Le pays connaîtra ensuite l’influence vénitienne (importance de comptoirs commerciaux stratégiques), l’invasion turco-ottomane dès 1499 (islamisation de la population) suite à la prise de Constantinople en 1453 par les Turcs. Lors de la Première guerre mondiale, le pays sera en conflit avec l’Empire austro-hongrois. Puis de 1919 à 1921, le Monténégro est rattaché à la Serbie lors de la construction du Royaume de Yougoslavie, qui se verra occupée par l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste lors de la Seconde guerre mondiale.

Le pays a toujours eu, tout au long de son histoire, des liens très forts avec la Russie, les Slaves du Nord. Le bloc soviétique a d’ailleurs apporter son soutien à ses frères slaves du Sud et s’est porté à leur secours lors de l’invasion hitlérienne.

De ces différentes civilisations, le pays va se forger une identité propre au fur et à mesure des siècles : il va adopter un alphabet latin et cyrillique (ex : les noms de rues sont principalement en cyrillique alors que les panneaux routiers sont dans les deux alphabets). Le territoire est habité par des populations majoritairement orthodoxes ainsi que musulmanes et catholiques. Le drapeau national à fond rouge avec l’aigle royal bicéphale a été adopté en 2004 et rappelle le lien de parenté avec la Serbie qui arbore les mêmes armoiries sur son drapeau.

Cependant, le Monténégro signa une séparation définitive avec la Serbie en acquérant complètement son indépendance en 2006 suite au premier référendum de son histoire. Malgré cette toute nouvelle autonomie, le Monténégro reste tout de même affilié à l’histoire et à la culture commune « slave » des pays d’Europe du Sud, continuant d’utiliser la langue serbe.

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  • Les différentes formes de tourisme

Le Monténégro, avec sa richesse environnementale est propice activités de plein air. C’est d’ailleurs le premier Etat à avoir inscrit la protection de l’environnement dans sa constitution. Son territoire offre la possibilité de faire du tourisme de nature dans les parcs nationaux tels que de la randonnée, du trekking, du parapente et du VTT en montagne (conseillés en juillet/août). Il possède d’ailleurs l’une des dernières forêts vierges d’Europe et le lac de Skadar, classé réserve naturelle, est le plus grand lac des Balkans. Cela favorise l’émergence d’un tourisme durable et responsable autour de son patrimoine naturel. Le « voyage à pied » vendu par Terres d’Aventure en est l’exemple type ainsi que les circuits « sports et aventure » de l’agence Rado.

Les sites naturels classés UNESCO sont également source d’attractivité : en exemple le Massif du Durmitor ainsi que le canyon de Tara qui est surnommé la « larme de l’Europe ». La chaîne de montagne permet en effet le développement d’un tourisme sportif très diversifié : les hautes altitudes permettent la pratique de sports d’hiver tels que le ski, le snowboard (tourisme blanc) de décembre à avril tandis qu’à basse altitude prolifèrent les sports d’eaux vives : rafting et canyoning.

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Le pays est connu de toute évidence aussi pour sa richesse historique : le tourisme culturel se pratique autant en ville qu’en milieu rural : son patrimoine n’a subi aucune destruction lors des troubles qui ont agité la Yougoslavie car il était l’allié de la Serbie. A éviter cependant de faire du tourisme urbain en plein été à cause des chaleurs excessives. Les touristes auront tout le loisir d’admirer le patrimoine architectural des villages fortifiés, des monastères, des églises, des minarets et bains publics ottomans de Cetinje au mausolée de Petar II Petrovic Njegos. Les modes de vies traditionnels sont encore bien présents dans la culture monténégrine telle que la pêche.

La côte Adriatique quant à elle offre des plages de sable, des criques et des fjords (ex : les Bouches de Kotor) où des stations balnéaires peuvent ainsi accueillir des touristes en recherche de vacances « farnientes » (ex : tourisme bleu). Grâce à l’influence vénitienne, le Monténégro possède un petit bout d’Italie. Ce littoral permet le développement d’un tourisme de croisière : MSC Croisières propose une escale à Kotor. Il y a même dès à présent une offre pour le tourisme de luxe : Sveti Stefan est un ancien village de pêcheurs converti en île-hôtel haut de gamme. La Compagnie du Ponant propose d’ailleurs une croisière de luxe en mer Adriatique avec une escale à Kotor.

Conclusion :

Avec son ouverture progressive, le Monténégro voit son secteur hôtelier tendre, de plus en plus, vers l’adoption des standards occidentaux pour satisfaire la clientèle européenne et internationale. Avec l’adoption de l’euro, cela amène des facilités de paiement pour les Européens. De plus, le fait qu’il n’y est aucun décalage horaire avec la France et qu’il existe des vols au départ de Paris peut séduire la clientèle française.

L’installation de FRAM en 2011 signe le début de l’implantation des voyagistes au Monténégro car, contrairement à la Croatie, le pays reste fortement bon marché pour les touristes en recherche d’un grand pouvoir d’achat lors de leurs vacances. Il se pourrait bien que d’ici les prochaines années, le Monténégro parviennent à concurrencer son voisin croate en termes de touristes français et internationaux grâce à la multiplication des offres des tour operateurs à grande renommée tels que Terres d’Aventure, Nouvelles Frontières et la Compagnie du Ponant ainsi qu’à l’émergence d’agence locale, experte de leur territoire telle que Rado.